Artistes

allons voir !

troisième édition :

Point(s) de vue

Commissariat : Gunther Ludwig (activités de commissariat et d’écriture, enseignant à l’ESAD Orléans)

avec : 

Sierpinski de Ladislas Combeuil, devant la grange pyramidale du Joliveau (Assigny), photo Yong Jin

À la singularité des lieux investis par allons voir !, où la dimension patrimoniale, la notion de site et de paysage au-delà du bâti, le contexte rural et ses activités sont forts, doivent répondre des intentions plastiques tout aussi particulières. C’est pourquoi, avec cette invitation à penser des œuvres in situ, privilégier de manière ouverte la proposition des artistes (son caractère original, contextualisé, imparfait, surprenant, subjectif) était une volonté affirmée.

Aussi, le sujet des Point(s) de vue permet-il de tisser un fil directeur tout en laissant une grande liberté à chacun dans son interprétation. Le choix du pluriel indique cette pluralité possible. Point(s) de vue est une expression plurivoque qui convoque autant la question des formes et des choix plastiques, celle de la prise de position, celle de l’environnement où les œuvres prennent place.

Pour allons voir !, elle voudrait avoir trois sens. Le point de vue est d’abord une perspective à partir du lieu d’où on regarde. Dans une proximité avec l’histoire de l’art, il rappelle sa théorisation par Alberti, célèbre humaniste italien*. « Pyramides visuelles », les granges sont envisagées ici comme une situation pour faire oeuvre. Il est aussi une façon de traiter une question, de l’envisager pour dégager une opinion, exprimer un avis personnel. Enfin, le point de vue est une étendue, un panorama observable depuis un point donné, qui permet de prendre du recul, au sens propre comme figuré.

La quinzaine d’œuvres ou ensembles d’œuvres présentés créent un parcours où se mêlent cinq projets réalisés spécialement à d’autres créations des artistes qui entrent en résonance avec le contexte de la manifestation.

Tiède (2021), de Thomas Wattebled, production pour allons voir, à la grange pyramidale de Vailly-sur-Sauldre (photo Gunther Ludwig)

Avec Tiède, Thomas Wattebled propose une réflexion, comme souvent teintée d’humour et d’ironie, sur les contradictions de nos sociétés contemporaines. Située entre les notions de patrimoine, d’authenticité et celle de la vigilance devant les dangers qui nous guettent, Tiède souffle le chaud et le froid à partir de l’évocation du feu de cheminée. Symbole du foyer, de la chaleur, de la communauté, il apparaît comme une pièce rapportée dans la grange de Vailly, qui n’est pas un lieu d’habitation. La sculpture est une ossature faite de plaques de placoplatre ignifugé et de détecteurs de fumée clignotants. Ainsi l’image rassurante de départ est contredite pas les éléments constitutifs de l’œuvre. Ils renvoient à notre époque où tout doit être maîtrisé, éloigner tout risque possible. Le jeu des pièces découpées et assemblées forment une structure évidée, tout à la fois impressionnante et précaire, en écho à l’armature de bois de l’architecture des granges. Thomas Wattebled met ici en exergue le paradoxe entre la valeur donnée aux choses du passé et le caractère aseptisé, « sous contrôle » de nos modes d’existence actuels.

stries (2021) de Jeanne Tzaut, production pour allons voir, silos de Badineau à Barlieu (photo roland schar)

Fidèle à son intérêt pour l’architecture, les signes et les lignes de force perçus dans les espaces traversés, Jeanne Tzaut a choisi d’investir deux sites extérieurs. A Barlieu devant les silos comme à Vailly à l’écart de la grange, elle s’appuie sur la typologie de panneaux d’information présents pour proposer des modules-sculptures, sorte de simulacres qui en récupèrent et en déclinent la forme. A mi-chemin du vrai et du faux, des codes informatifs et du caractère illusionniste de son médium, chacun porte une/des peinture(s) réalisée(s) à partir de vues fragmentaires de l’architecture des silos ou des granges.

strates (2021) de Jeanne Tzaut, production pour allons voir, grange pyramidale de Vailly-sur-Sauldre (photo roland schar)

Entre aplats et leurres visuels, géométries, détails de matières et de couleurs prélevés sur place par la photographie, les surfaces peintes jouent de l’ambiguïté de ce que l’on voit, de la nature du support entre deux et trois dimensions, comme de la manière de représenter ces éléments saisis dans l’environnement proche.

La mer à Moulin Riche (2021, détail) de Chourouk Hriech, production pour allons voir, Le Moulin Riche (Concressault), photo Chourouk Hriech

La mer à Moulin Riche. Quelle idée ! C’est pourtant ce que nous propose Chourouk Hriech à travers des points de vue multiples. Croisant des temps et des espaces disjoints, elle nous plonge dans une sorte de décor, combinaison d’artifices visuels qui sollicitent la mise en mouvement de nos imaginaires. Au mur, un grand rideau porte une image de la mer sous un ciel parsemé de nuages. Sculpture blanche énigmatique, L’horizon est un cercle pourrait être une embarcation à voile, un éventail déplié ou une entité végétale. Renforçant l’effet de mirage qui pointe, la figure de l’oiseau libre et voyageur, qui accompagne souvent son travail, est présente sous deux formes. Des spécimens en volume, uniformément blancs et figés, parsèment l’espace. Les fac-similés de la série La voce della Luna, trois toiles suspendues, proposent encore un déplacement du regard. La reproduction colorée de planches d’oiseaux alertes se détache sur le fond de dessins monochromes, architectures monumentales, fantasmes de la modernité.

La mer à Moulin Riche (2021, détail) de Chourouk Hriech, photo Chourouk Hriech

Cet ensemble composite fait face au paysage réel; le bief du moulin, les prés, les lignes d’arbres et leurs frondaisons. Ultime chimère, des bottes de foin qui évoquent l’usage jadis agricole du lieu, serviront à ceux qui souhaitent s’asseoir, prendre le temps d’une déambulation mentale. Elles semblent les invitées inattendues d’une mise en scène prodigue, à l’image du théâtre de notre monde.

Me tangere (2021, détail) de Tsama do Paço, production pour allons voir, grange pyramidale du Joliveau (Assigny)
Me tangere (2021, détail), de Tsama do Paçoproduction pour allons voir, grange pyramidale du Joliveau (Assigny)

Dans une lecture où les bâtiments de la ferme font corps avec le milieu, Tsama do Paço s’est arrêtée sur le caractère « organique » de la grange de Joliveau à Assigny. Laissée en l’état, elle a accumulé les signes de vie et de travail dont témoignent la présence d’outils, l’usure des huisseries et des murs, les reliquats de foin, paille, branches, feuilles mortes de l’arbre jouxtant la grange. Cette épaisseur du temps, des saisons renouvelées, l’a conduit à imaginer Me tangere. Telles une nuée, des empreintes de feuilles de chêne sont suspendues dans l’espace. Elles les nomme des « détails du monde ». Fragiles, diaphanes, elles font lien entre les temps, appellent la notion de cycle de vie. L’installation se révèle soumise aux conditions présentes : lumière ambiante, souffle de l’air, déplacements du visiteur. Les cyanotypes qui l’accompagne sont des constellations-motifs approfondissant l’idée du parcours, depuis les feuilles qui reçoivent l’énergie solaire jusqu’aux étoiles.

Elle s’effondre sans cesse – version épidermique (2019), de Tsama do Paço, à la cave viticole de la Clef du récit, à Vinon, photo Gunther Ludwig

Aussi, le contraste n’est qu’apparent avec Elle s’effondre sans cesse, version épidermique, présentée à la cave viticole La clef du récit à Vinon. Avec cette œuvre réactivée, c’est le processus de transformation qui est en cours, à l’instar de la vinification. Tsama do Paço opère souvent de la sorte; marches, prélèvements, sensibilité au vivant et à ce qui l’entoure, attention à l’instabilité de ses propositions, possible rencontre des éléments entre eux.

Jardins suspendus (production pour allons voir, 2021, détail) et Roches errantes d’après Tony Smith (détail), de Ladislas Combeuil, à la grange pyramidale de Récy (Vinon)

Devant la double porte de la grange de Vinon, le visiteur est saisi par l’effet perspectif du cadre répété des poutres rythmant le volume intérieur. Dans la ligne de fuite du regard, Paysages suspendus constitue une sorte d’échappée visuelle au fond du bâtiment. Des panneaux placés bord à bord, préalablement peints en blanc, ont été écorchés et créent un dessin abstrait où chacun peut discerner des morceaux de paysages, à différentes échelles. La surface immaculée contraste avec l’effet de profondeur et de texture du bois mis à nu. Venue de la peinture puis investissant la sculpture, la pratique de Ladislas Combeuil se situe dans un va-et-vient. Il puise régulièrement dans l’histoire de l’art des formes issus d’œuvres d’artistes qui l’ont précédé. Il les reprend pour interroger les notions d’espace, de combinaisons possibles, en donner sa propre lecture.

Jardins suspendus (production pour allons voir, 2021, détail) et Roches errantes d’après Tony Smith (2019, détail), de Ladislas Combeuil, à la grange pyramidale de Récy (Vinon)

Au sol sont disposées Les roches errantes d’après Tony Smith, série de cinq sculptures. Des volumes géométriques de bois et de toile, posés sur de frêles chariots munis de cordes, réinterprètent ceux de l’artiste états-unien. Ils sont ici dotés d’une mobilité possible, emportant avec eux les copeaux de bois détachés de la surface verticale, évoquent l’idée d’un départ, d’un arpentage imminent du territoire.

Depuis sa première édition, allons voir ! associe de jeunes artistes tout récemment diplômés. Cette année, Hannah Barantin, Thomas Bontemps et Hanna Kokolo présentent des pièces issues de leur travail récent, qui entrent en dialogue avec les lieux qu’ils occupent.

Le rouge et le noir de Brazza (2019, détail), de Hanna Kokolo, au Moulin Riche (Concressault)

A travers la fiction et l’auto-fiction, Hanna Kokolo (Ensa Bourges) interroge par le biais de la mémoire, l’archive, l’enquête, les parcours des descendants africains en Europe. Son travail se saisit des médiums de l’écriture, du dessin, de la céramique ou encore du son.

La pièce (2021), de Hannah Barantin, à la grange pyramidale de Vailly-sur-Sauldre

Hannah Barantin (TALM Tours) propose l’expérience d’un refuge à l’échelle du corps, structure propice à se retrouver soi-même et mettre ses sens en éveil. Elle mène une recherche à partir du feutre de laine et ses propriétés : douceur, chaleur, opacité et transparence, jeux avec la lumière…

Hold up, de Thomas Bontemps (2021, détail), au Moulin Riche (Concressault), photo Gunther Ludwig

Enfin, Thomas Bontemps (ENSA Bourges) explore la notion de récit, celui du voyage entre souvenirs vécus ou reconstruits. Ses histoires, qui prennent la forme de scénarios, expérimentent le passage d’un support à l’autre pour sa capacité à enrichir la narration; de l’écriture à la photographie, du travail sonore à l’image mouvement.

Gunther Ludwig

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Exposition Demeure (2021) Ladislas Combeuil

Ladislas Combeuil

Né en 1989   

Principales expositions personnelles récentes:

2020

Demeure, Les arts au mur, Artothèque de Pessac

2019

La peinture comme lieu, le Narcissio, Nice

2018

Studiolo, Capsule galerie, Rennes

Colonnes de Marc-Aurèle, Eglise St Aubain, Trèves

Sous-bois, Chapelle du Saint-Esprit, Auray

Organimatique, Galerie Ltk, Angers

2017

Fragments d’un voyage immobile, Parcours saint Germain, 17e édition, Jérôme Dreyfuss, Paris

2016

A little splash, avec Manon Laurent, Rue sur Vitrine, Angers

Arabesque, La cabine du PAD, Angers.

Silhouettes Mimétiques, Silicone espace d’art contemporain, Bordeaux   

site internet: http://ladislascombeuil.com

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Chourouk Hriech

Née en 1977, Chourouk Hriech est diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon. Elle a participé à de nombreuses expositions telles que le Printemps de Septembre à Toulouse en 2009, la 8ème Biennale de Shanghai « Rehearsal » en 2010 et « Soul to Soul » au CRAC (Centre d’Art Régional d’Art Contemporain) à Sète en 2011. Elle publie en 2003 un livre de dessins « The Pink Book » (éd. Villa St Clair, à Sète).  

Elle a également exposé au MAMCO à Genève/ à la 3ème Biennale de Marrakech/au Musée Circullo Bellas Artes à Madrid/ à la Kunstnernes Hus, à Oslo/ à la Kunsthalle à Mulhouse/ au Musée d’art contemporain de Marseille/ au Musée Es Baluers de Palma de Mallorca/ Musée Cantini à Marseille/ au MAC/ VAL à Vitry sur Seine/au MAC Lyon, à la Fondation Thalie à Bruxelles … Elle a réalisé de nombreuses commandes publiques et privées, pour Un Immeuble Une Œuvre (Groupe Emerige) ou encore le Voyage à Nantes, pour ne citer qu’elles.

Elle a édité “Roses et camélias” aux Editions P, un livre de textes et de dessins autour des villes de Marseille, Casablanca et Paris, où elle a invité 12 auteures à écrire, avec le soutien de Sam Art Project, Paris. Ou encore : « Faire Ailleurs » en 2017. 

Elle est chargée de la rubrique « Ligne de Fuite » de 2012 à2018, sur la question du dessin, dans la revue Diptyk, l’art vu du Maroc, à Casablanca. Son œuvre est présente dans de nombreuses collections publiques et privées. 

Chourouk Hriech est représentée par la galerie Benichou.

https://www.annesarahbenichou.com/fr/artistes/bio/2544/chourouk-hriech

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Me tangere (2021, détail) de Tsama do Paço, à la grange pyramidale du Joliveau (Assigny)

Tsama do Paço

Née en 1984

Le travail de Tsama do Paço conjugue le temps à la matière en inventant des manières d’agir qui préservent les traces et l’empreinte du geste.
« Par des recherches simultanées en différents îlots, je cherche à mettre en place des systèmes pour faire surgir l’imprévisible. La dispersion et la complexité sont recherchées parce qu’elles génèrent une perte de contrôle et un flottement. Le travail passe par un arpentage et une récolte d’éléments découverts, ressentis ou devinés. La marche et le corps sont alors les premiers instruments. L’élaboration d’une oeuvre commence par cette expérience. Les assemblages qui naissent entre ces hétérogénéités élaborent peu à peu un espace, un paysage.
Il n’est donc pas question de représentation mais de présence de la matière du monde. Des fragments prélevés dans la vie sont souvent les noyaux d’une forme. Ils sont associés à et par de multiples matériaux : cire, tissu, fil, perles…
Je pars d’expériences de pensées, activées par le «faire» : Qu’est ce que notre manière d’habiter et de penser raconte de notre relation à la matière ? Comment la matière transformée par la «nature humaine» devient paysage ? Comment une sculpture ou un dessin émergent
d’une histoire de couches ? Le geste artistique apparenté à un fluide fait paysage. » (Tsama do Paço)

site internet: www.tsamadopaco.com

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Tiregrand 3000, 2020;  bois, crépis, tube pvc, herbe synthétique et peinture – 500 x 200 x 70 cm – Château de Tiregand (24), commissariat Les rives de l’art

Jeanne Tzaut

Jeanne Tzaut est née en 1981 à Montpellier. Elle vit et travaille à Bordeaux.

À travers la déambulation, Jeanne Tzaut rencontre des formes et des situations, produits et archétypes de nos occupations qui sont à l’origine de sa production. La figure du marcheur n’est jamais directement visible dans son travail mais pourtant bien présente lors de sa mise en place, tout au long de cette recherche de moments, qu’ils soient insolites, rares ou insignifiants. Elle extrait ainsi des zones, des fragments de réalité en tentant de mixer un constat et une volonté de transformation. Elle puise des formes dans des univers existants qu’elle vient modifier en opérant des déplacements,  dans le désir d’activer / réactiver une scène. 

site internet: www.jeannetzaut.com/

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Megamass 4, 2020; béton blanc allégé, acier, créatine, colorants, acier chromé, pinces papillon
75 x 200 x 35 cm

Thomas Wattebled

Né en 1990

Dernières expositions :

2020
• P R E S Q U E, Solo Show, Galerie Dohyang Lee, Paris
• BAGAGE CABINE, KogoGalerie, Tartu, estonie
• AFTERPARTY, exposition collective, commissariat Elodie Bernard, Fondation du Doute, Blois
• Comité Défaite, Musée Alphonse Allais, Honfleur
• Liminal Encounters, group show, Galerie Memphismemphis, Linz

2019
• Tête d’affiche #9, avec l’ A.S. Velasca, Fondation du Doute, Blois
• Festival Art et Jardins, Amiens, Juin-septembre 2019
• « A bâbord toute » ! Le Bon Marché Rive Gauche, Paris
• ART VILNIUS INTERNATIONAL ART FAIR Commissariat Aurélie Faure
• Nul si découvert, solo show, Galerie Vasistas, Montpellier
• modus vivendi, l’angle – Espace d’Art Contemporain La Roche sur Foron

2018
• 63e Salon de Montrouge
• MIX AND MATCH – La Peau de L’Ours, Bruxelles
• Il va y avoir du sport ! Maison des Arts de Malakoff
• STILL . . . LIFE, Galerie Dohyang Lee

suite internet: https://www.thomaswattebled.com


Jeunes diplômés des écoles d’art invités :

I hear the blues telling lies, performance, Bourges 2021

Thomas Bontemps

Né en 1989

Diplômé de l’Ecole nationale supérieure d’art de Bourges, il vient d’obtenir son DNSEP en juin 2021. Il questionne les formes du récit de voyage en passant d’un registre à l’autre ; cinéma, littérature, musique. Son travail a été exposé à Matera (Italie) pour Matera, capitale européenne de la culture 2019, et il a réalisé des performances sonores dans plusieurs lieux d’expositions : La Cuisine (Negrepelisse), Antre Peaux (Bourges), Synesthésie Mmaintenant (Paris).

Le rouge et le noir de Brazza

Hanna Kokolo

Née en 1997

Diplômée de l’Ecole nationale supérieure d’art de Bourges 2021.

2018

Dedal, pièce de théâtre radiophonique dans lecadre de Chaosophonie, Palais Jacques Coeur,Bourges

L’eau argentée, performance radiophonique avec le collectif Raadio Caargo, Antrepeaux, Bourges

2019

L’eau argentée, performance radiophonique avec le collectif Raadio Caargo, Château d’eau, Bourges

2020

L’eau argentée, performance radiophonique avec le collectif Raadio Caargo, Festival Longueur d’onde, Brest

Quel métier pour une âme noire, Galerie P.I.T.A, Bourges

Je concentre mes recherches sur ce que signifiece double héritage, dû à l’union d’une Française et d’un Congolais. A travers les auto-fictions que je crée, j’aborde la question de la mémoire intergénérationnelle, qui viendrait lier tous mes personnages sans qu’ils ne s’en aperçoivent. Au fur et à mesure, j’en suis venue à me positionner entre ces trois différents champs : l’AfroFéminisme, l’AfroFuturisme et le Décolonialisme.

Hannah Barantin

Née en 1997

Diplômée de l’école d’art et de design TALM Tours.

Depuis plusieurs années maintenant, je développe mon identité artistique exclusivement par l’imagination et la fabrication de mon propre médium : le feutre de laine.

Récemment, j’ai développé ma pratique en projetant ma matière directement sur des éléments architecturaux provenant de souvenirs d’espaces réels. Le feutre déforme la réalité de l’espace initial. Les lignes se courbent. Les angles s’adoucissent. Les formes ne sont pas nettes. Elles se brouillent avec les souvenirs en leur donnant une toute nouvelle définition. Une porte d’entrée vers un univers onirique à la portée de tous.