Artistes

Le commissariat artistique de l’édition 2020 de Allons voir ! est confié à Lucile Encrevé, docteure en histoire de l’art, critique d’art et enseignante à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs.

Les artistes pressentis, toutes des créatrices pour cette édition, sont : Dominique De Beir, Ingrid Luche, Nadia Pasquer, Heidi Wood, ainsi que deux jeunes diplômées de l’ENSA Bourges : Tifaine Coignoux et Lou Froehlicher.

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Dominique De Beir

Dominique De Beir est née en 1964, elle vit et travaille à Paris et en Picardie maritime.

 Le point est la pierre angulaire son travail. Le point comme une écriture et comme une percée, pris dans une gestuelle répétitive. Le point tout à la fois précis et hasardeux. Il est le geste minimal qui construit un ensemble. En creux ou en relief, il est la marque unique d’une force appliquée à la surface. Le point est un trou qui pique, perce, érode les supports de prédilection de l’artiste : les matières « pauvres » telles que le papier, le polystyrène, le carton etc. Il est aussi l’entité de base d’une écriture singulière : le braille. Dominique De Beir utilise le point selon ces deux acceptions : accroc et caractère.

En parallèle à l’élaboration d’installations et de peintures, Dominique De Beir assemble des planches dessinées en cahiers et étend son geste de scarification et de retournement de la matière à différents registres récupérés. À partir d’un travail sur les niveaux de l’image se développe ainsi progressivement une réflexion sur les glissements entre dessin et écriture, voir et non-voir, plein et vide, surface et profondeur.
Par différentes marques portées sur et dans le support, les cahiers déploient un système de répétition et de dédoublement. Les perforations démultipliées avec frénésie sont une volonté de désarticuler le réel, de le dupliquer et d’essayer de jouer avec son envers.

Son travail est représenté par la Galerie Jean Fournier (Paris), la Galerie Réjane Louin (Locquirec) et Galerie Phoebus (Rotterdam).

© Photo Dominique Degraeve
Installation Annexes et Digressions, 2019, rayonnages, éléments en polystyrène peints et impacts, Diptyque Digression, Frac Alpes Provence Côte d’Azur, Marseille, © Photo Laurent Lecat

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Ingrid Luche

Ingrid Luche est une artiste plasticienne française née en 1971 à Antibes. Elle vit à Paris et enseigne à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Bourges.

Depuis ses études à l’ÉPIAR, Villa Arson à Nice (DNSEP en 1994), elle développe notamment une recherche sur la perception sensible de l’architecture et des espaces communs et sa restitution par le biais de sculptures, photographies ou installations en situation. Les œuvres d’Ingrid Luche semblent plus propices à une définition négative : ni complètement autonomes (leurs présentations et accrochages sont spécifiques à chaque lieu), ni complètement in situ (leurs formes ne changent pas), ni totalement sculpturales (elles ont des fonctionnalités paradoxales, en particulier avec le facteur lumière). Elles sont porteuses d’un fort coefficient psychique ou émotionnel. L’expérience des expositions d’Ingrid Luche relève alors à la fois du déjà-vu et de l’inédit.

En 2011, la Station à Nice lui consacre une exposition monographique intitulée Le Lapin turquoise (avec Bruno Serralongue), également présentée l’année suivante à la galerie Air de Paris, où l’artiste présente notamment des tuniques de la série Ghost Dresses, des sculptures et objets. Dans une exposition collective au Confort Moderne à Poitiers (dans le cadre du programme estival De la neige en été), Ingrid Luche présente l’installation The May Riving Pavilion 1faisant référence au pavillon allemand de Ludwig Mies van der Rohe réalisé pour l’Exposition internationale de 1929 à Barcelone.

Ingrid Luche est représentée par Air de Paris.

They kill you with cotton, 2019, photo © Marc Domage

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Nadia Pasquer

Nadia Pasquer est née en 1940 à Lons-le-Saunier dans le Jura. Après des études d’Art plastique, elle devient professeur de dessin à l’Ecole alsacienne de Paris de 1961 à 1972. C’est en 1974 que Nadia Pasquer installe son atelier et son four à bois haute température à Morogues (Cher). 

« La cuisson fut l’expérience fascinante de l’épreuve du feu à la fois pour les pièces dans leur transformation au contact des flammes, et pour moi, dans la conduite de la cuisson qui demandait une présence et une action constante pendant 12 à 15 heures. L’énergie dépensée se trouvait remplacée par celle donnée par le feu  ».

A partir de  1989, la façon de travailler et les  préoccupations de Nadia Pasquer se déplacent. Elle se consacre à l’enfumage des pièces polies dans des fours à sciure et plus récemment, ses recherches l’ont menée a travailler sur des pièces blanches.

« L’évolution vers la sphère et les corps platoniciens que sont le cube, l’octaèdre, le tétraèdre, le dodécaèdre, l’icosaèdre, eux-mêmes inscrits dans la sphère, s’est faite très naturellement puisque j’alliais dans un renouvellement de formes mon intérêt pour les volumes géométriques, leur signification cosmologique, et les qualités vibratoires qu’ils transmettent. Je suis donc à présent dans ce travail de déclinaison à l’infini d’une géométrie qui me satisfait intellectuellement dans la conception des volumes et de leur signification, et sensuellement dans la construction intuitive de ces formes qui ont une permanence  et une universalité que l’on retrouve dans l’infiniment petit (molécule, constitution de la matière, cristallographie …) et dans l’infiniment grand (représentation des systèmes astronomiques). On trouve la même permanence de ces formes dans le temps – pierres taillées préhistoriques et conceptions d’objets spatiaux ».

Fil à plomb © Nadia Pasquer

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Heidi Wood

Née en 1967 à Londres, l’Australienne Heidi Wood est diplômée des Beaux-Arts de Paris, ville où elle vit depuis 1989.

En 2001, elle produit ses premières photographies de mises en scène de ses tableaux abstraits dans des décors fabriqués de toute pièce. Depuis, elle navigue entre la tradition de l’abstraction formelle et les stratégies de communication pour créer des campagnes touristiques décalées, cherchant à rendre l’ambiance d’un lieu à travers un répertoire de pictogrammes.
En 2009, elle est accueillie en résidence à l’Abbaye Saint-André – Centre d’art contemporain de Meymac où elle réalise une série d’œuvres associant des photographies et un répertoire de collages représentant les typologies de maisons limousines.
Elle intervient également dans l’espace public ; elle a notamment réalisé le 1% artistique du Centre de Biologie et de Recherche en Santé de l’Université de Limoges et, dans notre département, celui du vélodrome de Bourges.

Curiosités et terroir 1, projet pour une peinture murale, 2019
Vie parisienne 1, 2017 (livre d’artiste téléchargeable, 21×29,7)

Et deux jeunes artistes, en 5ème année à l’ENSA Bourges et représentatives de la scène émergente dans notre région, participent à Allons voir !

Tiphaine Coignoux

et Lou Froehlicher :

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Enfin, le FRAC Centre Val de Loire prêtera une oeuvre de Maria Mallo: Germen Radiolario (2009).

Diplômée de l’école technique supérieure d’architecture de Madrid (ETSAM) depuis 2006, María Mallo a enseigné la conception graphique dans cette même école et le design de produit à l’Istituto Europeo di Design (IED) de Barcelone. En 2011, son projet « Inhabiting the Sky », conçu avec l’architecte Ana Penalba, est sélectionné par le Thyssenkrupp Award. Ses recherches portent sur les formes géométriques générées par la nature et l’auto-production. Ses projets intègrent une dimension bioclimatique et la question du paysage naturel (« Inhabiting the Sky », 2011 ; Eco-Centro, en cours). En 2005, María Mallo cofonde le collectif d’architecture et de design Léon 11. Elle réalise plusieurs projets au sein de la structure, notamment Belén de Botellas (Madrid, 2010), mobilier urbain itinérant et modulable composé de bouteilles en plastique colorées. De 2011 à 2016, elle codirige Mecedorama, entreprise dédiée à la fabrication artisanale et à la réalisation de mobilier sur mesure.