Artistes

Quatrième édition

Commissariat artistique: Sophie Auger-Grappin

avec : 

Sophie Auger-Grappin, Commissaire des expositions

Sophie Auger, © camo-2018

Diplômée en arts appliqués à l’ENSAAMA de Paris, Sophie Auger-Grappin conjugue un Master en histoire de l’art et management culturel obtenu à l’École Supérieure d’Art et de Culture (EAC Paris) à un DESS de Développement Culturel réalisé à l’Université de sociologie à Rouen appliqué à une recherche consacrée aux conditions spécifiques de création et de production des centres d’art en France.

Elle a assisté la responsable du (Fond d’incitation à la création) Fiacre (Ministère de la culture et de la communication) de 2000 à 2001, puis a été Chargée de projets de développement des expositions au CNEAI (Centre national de l’édition et de l’art imprimé) (Chatou) de 2002 à 2006.

Elle a été responsable du centre d’art de l’Onde, Micro Onde à Vélizy-Villacoublay (Paris) de 2008 à 2018. Elle est fondatrice des Résidences la Borne au Centre céramique contemporaine la Borne (18), dont elle a été directrice artistique de 2013 à 2018.

Depuis 2018, elle est directrice du centre d’art contemporain Le Creux de l’enfer à Thiers dans le Puy de Dôme.

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Karine Bonneval, avec la collaboration de Charlotte Poulsen

Concressault – Le Moulin Riche

Karine Bonneval, en collaboration avec la potière Charlotte Poulsen, présente une sculpture inédite de fontaines de jouvence en céramique permettant la dégustation de sève de bouleau: Berkanan.

Partant de l’hypothèse selon laquelle les granges pyramidales remontent au passage des vikings sur la Loire au IIIème siècle, Karine Bonneval développe une œuvre à partir de l’arbre de bouleau que ce peuple a particulièrement exploité pour ses multiples vertus, à tel point qu’il est accusé d’avoir pratiquement entièrement déboisé la Finlande qui était recouverte de forêts, composées principalement de bouleau, il y a 1 000 ans.

L’œuvre Berkanan constitue le premier volet d’une recherche plus largement consacrée à cette étude du bouleau menée en collaboration avec le scientifique Nicolas Visez du Lasire de Villeneuve d’Ascq.

“Berkanan”, céramique émaillée, cuivre, sève de bouleau, auvent : graminées, raphia de bois, 2022 (photo Karine Bonneval)
“Berkanan”, détail (photo Karine Bonneval)

Vailly-sur-Sauldre – Grange pyramidale

Karine Bonneval présente ici une pièce de 2017 conçue en collaboration avec la céramiste Charlotte Poulsen. Ecouter la Terre nous donne à voir, à entendre ce tout vivant avec lequel nous sommes en constant dialogue. La terre est chargée de beaucoup de symboles : c’est notre planète bien sûr, le sol dans lequel nous faisons pousser notre nourriture, une matière première, la surface sur laquelle nous sommes ancrés, le territoire sur lequel ont vit. La terre est un écosystème alliant des êtres vivants, des nutriments, des minéraux. 

En collaboration avec Fanny Ryback, bio-acousticienne à Orsay, Karine Bonneval a récolté des sons de terre dans différents environnements : de celle inerte de sols cultivés en grandes exploitations à la plus riche d’interactions comme celle de son compost. Nourrie des recherches sur les fungi qui colonisent les sols et les végétaux, elle a alors réalisé des sculptures rappelant leurs formes dressées et sonorisées à partir des captations faites de cette activité vivante de la terre. 

“Ecouter la terre”, grès oxydé, terre, enceintes, 2017 (photo @Olivier Botta)

Karine Bonneval vit et travaille dans le Cher. Elle propose des manières d’être au monde communes aux végétaux et aux humains, ce que Baptiste Morizot appelle une «diplomatie interespèces». Dans ses installations, nous sommes plongés dans un monde aux formes organiques et fictionnelles, où les hybridations entre arts et sciences détournent parfois malicieusement la technologie pour proposer des pièces à l’esthétique née du fait main, du vernaculaire.

Ses projets s’élaborent ainsi régulièrement avec des équipes scientifiques (Institut Diversité, Ecologie et Evolution du Vivant et NeuroPsi, université Paris-Saclay…) avec lesquelles elle expérimente des articulations. En invitant à respirer avec l’arbre, bouger avec les plantes, écouter la terre, l’artiste imagine des installations à expérimenter comme autant de traducteurs, pour vivre pendant un moment un temps partagé avec les plantes, en dialogue avec l’air, le sol, la gravité. Karine Bonneval a été invitée à exposer en France et produire des projets pour de nombreuses institutions (Nuit Blanche / Domaine de Chaumont sur Loire / centre d’art de l’Onde, Micro-Onde / la Maréchalerie / la Graineterie/ le Transpalette…) ainsi qu’en Allemagne, au Danemark et partout dans le monde.

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Delphine Ciavaldini

Assigny – Grange pyramidale du Joliveau

Touchée par le caractère puissant de cette grange marquée par des siècles de paysannerie, Delphine Ciavaldini réalise une installation constituée de tressages de ficelle de chanvre ligaturant de longues lianes de foins: Chahut. Dans la pénombre de l’édifice séculaire, elle installe une dramaturgie sauvage se saisissant de l’ensemble de la charpente et jouant avec les éléments naturels du bâti : poutres, sol et murs de torchis, outils démantelés… On pénètre dans un monde végétal lyrique et hirsute, laissant planer l’idée qu’il a été le théâtre de rassemblements évanouis.

“Chahut”, Foin, ficelle de chanvre, fleurs séchées, 2022
“Chahut”, détail

Delphine Ciavaldini vit et travaille à Aubusson.

Elle pratique les métiers de la scène et du spectacle vivant depuis 25 ans. Professionnelle du costume et des accessoires, elle crée progressivement des scénographies et des mises en scène qui influencent sa pratique de plasticienne. Depuis 2012, elle conçoit des installations qui s’apparentent à des environnements.

Elle utilise des matériaux usuels ayant déjà servi et les « recode » afin qu’ils nous disent autre chose de notre quotidien, des liens qui nous unissent aux nécessités qui nous définissent.

Souvent éphémères et in situ, ses installations donnent l’espace en expérience et permettent d’y mêler les enjeux et pensées intimes ainsi que les consciences et mémoires collectives.

Delphine Ciavaldini a récemment créé plusieurs installations monumentales : Phalènes aux Archives Nationales, Lachésis au-dessus du canal de la rivière de Tulle ou encore Carnets de bal au Château d’Aulteribe et à l’église Saint Jean de Thiers (Puy-de-Dôme) et Ici bas au Musée d’art et d’industrie de Saint-Etienne, commissariat du Centre d’art contemporain d’intérêt national Le Creux de l’Enfer

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Claude Pasquer

Barlieu – Silos de Badineau

L’attention de l’artiste, a été attirée par le site de Badineau lors de précédentes éditions estivales de allons voir ! Les silos l’ont séduit par la pureté de leurs proportions géométriques et la structuration de la trame rythmant les volumes cylindriques qui, à ses yeux, renvoyait aux structures sur lesquelles son travail s’articule.

C’est ainsi qu’avec la complicité des gérants de l’entreprise Martignon qui exploite le site, l’idée mûri d’un projet d’intervention sur les silos eux-mêmes.

Déployé sur trois silos situés dans l’axe de la route qui descend de Barlieu, l’ensemble de l’œuvre Polyrythmie se compose d’un polyptique générant une variation de combinaisons de six couleurs à la surface des tôles. 

Les rythmes colorés à la surface des tôles visent à mettre en valeur ce système de construction industriel autant qu’à le déstructurer et à créer un phénomène de reflets chromatiques traversants. Les silos se trouvent alors saisis par la dynamique colorée et mis en mouvement par un double effet d’étirement vertical et d’ondulations colorées créés à leurs surfaces. 

L’artiste joue avec les six couleurs du prisme autour de compositions qui les ordonnent dans une suite de permutations. Ici, les suites viennent s’intégrer à la trame initiale dessinée par les modules de tôle et générer sur ces monuments de nouveaux points de vue, mais aussi changer l’appréhension sensible que nous avons des proportions de leur construction. 

Cette oeuvre restera dans les années à venir comme un point focal du parcours.

“Polyryhtmie”
“Polyrythmie” (détail)

Claude Pasquer est né en 1937. Il vit et travaille à Morogues (Cher).

Il est influencé depuis les années 1960 par l’art concret et cinétique, notamment lors de sa rencontre avec Denise Renée. Il y puise son langage plastique fait d’exploration de la géométrie et de jeux. Son intérêt tout particulier pour le GRAV (groupe de recherche d’art visuel) et pour François Morellet et Julio Le Parc l’engage sur des recherches faites de découpages et de collages.

Il développe alors une production picturale basée sur un réseau de lignes verticales et de subdivisions soutenues par un schéma numérique préétabli guidé par des principes de permutation, répétition et translation. La pensée préside donc à l’exécution, l’oeuvre ne saurait être différente de ce qui a été précédemment élaboré, postulat en ce sens fidèle aux principes de l’art concret.

En 1967, Claude Pasquer participe à la 5ème biennale du Musée d’art moderne de la ville de Paris. En 2004, il fait une retrospective de son travail à la Maison de la cutlure de Bourges. Il a régulièrement exposé son travail en Suisse et ses oeuvres ont été acquises par de nombreuses collections privées et publiques.

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Marjolaine Turpin

Concressault – Lavoir (rue de Mère Dieu, derrière l’église)

Adepte des pratiques discrètes passant par la broderie, la culture du jardin, le dessin, le modelage, Marjolaine Turpin s’initie depuis peu à la réalisation de pièces en verre. Elle choisit les lavoirs du Noyer et de Concressault marqués par le labeur des lavandières recherchant la blancheur et la douceur des linges. Ici, l’artiste choisit de montrer les moules qui ont servi à la création des jardinières en verre du Noyer, devenues des capsules de mise en culture des plantes utilisées durant les buées. Positionnées au fond du bassin ou suspendues à la hauteur de l’eau disparue, elles attendent patiemment l’arrivée d’une prochaine pluie.

“Les assidues” Série de jardinières en grès, lierres, saponaires, fougères, fil de coton ciré, lin, 2022

Le Noyer – Lavoir (route de Villegenon)

Adepte des pratiques discrètes passant par la broderie, la culture du jardin, le dessin, le modelage, Marjolaine Turpin s’initie depuis peu à la réalisation de pièces en verre. Elle choisit les lavoirs du Noyer et de Concressault marqués par le labeur des lavandières recherchant la blancheur et la douceur des linges. Elle conçoit un ensemble de jardinières en verre suspendues ou flottantes à la surface de l’eau telles des jardins de mise en culture des plantes utilisées durant les buées. Humidifiées en permanence par du tissu de lin relié au bassin, ces capsules inversent le processus en faisant du linge et de l’eau, des agents de culture de plantes saponifiantes.

“Les verres buées “, Série de jardinières en verre peintes à la grisaille, lierres, saponaires, fougères, lavande, fil de coton ciré, lin, 2022 (photo @Olivier Botta)

“Les verres buées”, détail

Marjolaine Turpin vit à Clermont-Ferrand où elle a été diplômée de l’École Supérieure d’art de Clermont Métropole en 2015. Marjolaine Turpin développe son travail dans un temps long. Sa démarche donne à voir ou à toucher des territoires déplacés, des captures, des gestes parfois emprunts d’une persistance absurde. Elle s’applique à prélever différents états précaires qui racontent les vies d’un lieu, laisse survenir les accidents de matière, les inscriptions ténues.

Elle a récemment participé à des résidences de production qui l’ont amené à concevoir des pièces en terre au centre d’art contemporain du Parc Saint Léger à Pougues-les-Eaux et récemment de nouvelles productions en verre en collaboration avec Marion Chambinaud avec laquelle elle a réalisé une résidence à la fondation Martell. Elle a par ailleurs été invitée à concevoir des pièces monographiques telles que lemna minor, une installation pour l’espace public dans le cadre de la Biennale de Saint-Flour en 2021 et De nos mains qui fouillent à l’Eac les Roches, dans le cadre des Galeries Nomades organisé par l’IAC en 2018.

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Vladimir Skoda

Vailly-sur-Sauldre – Grange pyramidale

Vladimir Skoda, tout d’abord initié à la forge, façonne depuis plus de 50 ans des sphères en métal poli mais aussi des formes réfléchissantes convexes et concaves, et d’autres en métal perforé prenant comme point d’entrée le mouvement du regardeur et de son environnement comme élément de métamorphose du monde et de connexion avec les astres. La grande pièce sphérique extérieure fait face à la pyramide, comme les formes géométriques primaires d’un jeu de construction à l’échelle du paysage. Dans l’ombre de la grange, c’est une sphère noire perforée de creux sphériques poli miroir créant une constellation de points lumineux se logeant dans ces cavités. Sans titre (Molécule II) crée alors les conditions d’un contraste d’appréhension fort de l’espace introduisant une dualité entre intérieur et extérieur.

“Sans titre”, Tôles d’acier inoxydable perforées, Ø 200 cm , 2019 (photo @Olivier Botta)

“sans titre”, de nuit
“sans titre (molécule II), acier, acier inoxydable poli miroir, Ø 110 cm, 2020

Vladimir Skoda est né en 1942 à Prague. Il vit et travaille à Paris, Prague et la Monnerie le Montel en Auvergne. Formé tout d’abord au métier de tourneur-fraiseur, il étudie le dessin et la peinture. Arrivé en France en 1968, il délaisse la peinture pour la sculpture. Il étudie à l´École des Arts Décoratifs de Grenoble et devient l’élève de César aux Beaux-Arts de Paris. Dès 1975 il amorce ses premiers travaux à la forge et réalisent des sculptures monumentales.

Lors d’une exposition personnelle au Musée d´Art Moderne de la Ville de Paris en 1987, il présente une série de boules forgées intitulée De l´intérieur. Son travail évolue vers la conception d’une sphère parfaite, puis en 1991 une sphère à la surface réfléchissante à laquelle il ajoute un principe dynamique pendulaire dont l´installation Kora est représentative. Dans ses oeuvres, Vladimir Skoda fait l’usage de différentes technologies telles que l´interactivité, le magnétisme et la polarité. Ses oeuvres sont représentées dans de nombreuses collections publiques et privées en France, en Belgique, en Allemagne, en Suisse et en République tchèque.

Vladimir Skoda est représenté par les galeries Catherine Issert à Saint Paul de Vence, Claire Gastaud, à Paris-Clermont Ferrand, Cermak Eisenkraft à Prague; Wittenbrink à Munich et Hoffmann à Friedberg.

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Jeunes artistes diplômé.e.s de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Bourges

Léa Devenelle

Vailly-sur-Sauldre – Grange pyramidale

Familière de la ruralité et des pratiques de la chasse, Léa Devenelle développe une oeuvre sculpturale et performative portant un regard parfois amusé et avant tout engagé sur la relation ambivalente que l’homme entretient avec l’animal sauvage, plus communément identifié comme le gibier des campagnes.

“Sans titre (sac à dos)”, toile de jute, peau de sanglier, bambou et sangle, dimensions variables, 2022

Diplômée de l’ENSA Bourges en 2022, Léa Devenelle a obtenu un DNA avec félicitations à l’École Supérieure d’Art et de Design en 2020 à Valenciennes. Elle a participé à l’exposition collective Transduction, organisée au Château d’eau – Château d’art. Laboratoire de recherche de l’École Nationale Supérieure d’Art de Bourges, sous la direction de Stéphanie Jamet, Nicolas Hérubel et Benjamin Aman. Elle a été l’assistante de l’artiste Erik Samakh.

Paul Ricci

Concressault – Le Moulin Riche

Troublant les perceptions et l’appréhension qu’on ressent des espaces, Paul Ricci utilise le dessin et la technique du trompe l’oeil architectural, comme le déplacement de portes récupérées pour perturber notre approche des espaces.

“Presque sur le seuil”, fusain et graphite sur papier, sept portes en matériaux divers, dimensions variables (dessin 225 x 150 cm), 2022

Diplômé de l’ENSA Bourges en 2022, Paul Ricci a obtenu un DNAP à l’Isdat (Institut supérieur des arts de Toulouse). Il a participé à l’exposition collective Transduction, organisée au Château d’eau – Château d’art. Laboratoire de recherche de l’École Nationale Supérieure d’Art de Bourges, sous la direction de Stéphanie Jamet et Nicolas Hérubel.